Du Spandex, du Blues, Spandex Blues !

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Comme une envie de reviens-y

J’ai assisté à ma première représentation au Smock Alley Theatre au mois de décembre. Il s’agissait d’une pièce intitulée le Cirque des Rêves, une production Sickle Moon. Une histoire de cirque fantôme vous plongeant dans un univers à la Tim Burton. Et, bien loin de l’extravagance du Gaiety Theatre et de ses chandeliers, je m’étais surpris à tomber sous le charme de cette pièce sans grande prétention. L’interprétation était parfaite, l’ambiance enivrante, et j’étais sidéré par la proximité des acteurs. Bien qu’assis au second rang, il m’aurait suffi de tendre les bras pour pouvoir les toucher (ou presque). Ce qui ne m’aurait pas spécialement dérangé pour tout avouer étant donné le charmant minois de Clodagh Mooney Duggan, l’actrice principale.

Ce n’est que quelques jours plus tard, en allant voir le dernier Star Wars, que l’évidence me sautait aux yeux. Pourquoi payer presque 20 euros pour un film qui au final est assez médiocre (au risque de froisser les fans) alors que pour moitié prix je pouvais être transporté à des années lumières de tout ce marketing nauséabond. Bref, c’était pour moi la révélation de cette fin d’année ! Et c’est donc sans retenue que je me jetais sur les prochains billets qui s’offraient à moi : Spandex Blues.

Une réalité bien loin du papier

Sur le papier, Spandex Blues semblait tout avoir pour procurer une bonne soirée de fous rires. La pièce était présentée sur le site comme hilarante, pleine d’action et un message avertissait même du vocabulaire vulgaire souvent employé. Le thème laissait lui aussi présager quelques dérapages dont je suis particulièrement friand : une super-héros, un peu knacker sur les bords et complètement déjantée (pour les personnes ne résidant pas à Dublin, un knacker est un SDF junkie, espèce peuplant surtout la rive Nord de la Liffey).

Son entrée en scène fut assez convaincante en ce sens. Elle descendit les escaliers en colimaçon d’un pas déterminé, un peu comme un enfant le ferait en boudant. Ses deux couettes et ses gestes lui donnaient d’ailleurs un air enfantin mais loin d’être innocent. Un peu la tête à claques de la classe. Les dix premières minutes furent tout simplement jouissives. Une vulgarité hors du commun, des blagues « sales », une imagination débordante. On était vraiment en plein dedans comme dirait l’autre et je salivais déjà de la tournure qu’allaient prendre les choses. Quand soudain, ce fut le drame…

Suite à ces dix minutes de crampes dans les joues et le ventre s’en suivirent de longues autres, beaucoup moins drôles, voire ennuyantes, avec de longs speechs sur l’amour, la mort, le rejet… Un sermon sans fin suite à la mort d’une petite fillette, souvent redondant. Quelques soupirs et bâillements se sont même faits entendre dans l’audience. L’actrice elle-même en a perdu à plusieurs reprises le fil, bafouillant, mais se reprenant toutefois dans la fraction de seconde suivante. C’est à ce moment précis que je me suis rendu compte de la complexité de monter sur scène. Elle ne pouvait pas ne pas avoir remarqué l’ennui de certains membres du public et s’efforçait pourtant de se relever. S’il y a bien une personne que je n’enviais pas à ce moment, c’était bien elle. Et rien que pour ça, j’accorde un grand respect à ce petit bout de femme pour qui ces 3 représentations ont dû être un véritable calvaire.

Verdict

Si vous êtes d’humeur dépressive, n’allez surtout pas voir la pièce. Cet ascenseur émotionnel ne vous donnera qu’une envie, vous tirer une balle. Si vous êtes à la recherche de divertissement, allez-y, mais armé d’une fiole de Jameson. Une fois les 10 premières minutes passées, buvez-la cul sec et piquez un petit roupillon. La pièce ne dure qu’à peine 1h10. Dans un autre contexte, j’aurais crié au scandale, mais dans le cas présent, il s’agit d’un véritable don du ciel.

 

Illustrations : http://smockalley.com/

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